.../...
En 1868 la maison était propriété de François Joseph Schuller,
originaire de Hagenbach et épicier de son état. La
"Stube" (pièce de séjour) fut son local commercial,
fonction que ses descendants lui conservèrent jusqu'en 1962. On
n'allait pas à l'épicerie, mais chez "Schuellers",
nom qui est resté attaché durant tout ce temps à la maison.
Une habitation a
été ajoutée vers 1810, sans doute par Mathias
Sahm, né en 1776 à Saubsdorf, localité située alors en
Tchécoslovaquie. Etabli comme
maréchal-ferrant à Friesen au début du XIXème siècle, il
s'est marié en 1809 avec Marie-Anne Philipp, dont un frère,
François Joseph, émigrera aux Etats-Unis vers 1828. Thiébaud,
un fils de Mathias, ira rejoindre son oncle en Ohio, tandis que
son frère Jean poursuivra à Friesen l'activité de son père.
Au cours de sa longue existence,
cette maison cinq fois centenaire aura connu bien des
vicissitudes, mais ni la guerre des paysans vers 1525, ni la
guerre de Trente Ans au siècle suivant, ni les trois guerres de
1870, 1914-18 et 1939-45 n'en viendront à bout.
d'après Daniel Rouschmeyer et Thierry Fischer
in "Annuaire de la Société d'Histoire du Sundgau 1999"
Dès 1979, s'appuyant sur des observations faites, de l'extérieur, sur la partie visible des charpentes, Antoine Gardner et Marc Grodwohl, deux spécialistes en la matière, font état dans un ouvrage de quelques charpentes très anciennes, à savoir celles de Retzwiller, Friesen et Obermorschwiller, qui pouvaient remonter à la fin du XVème ou au début du XVIème siècle.
Sur le bâtiment de Friesen, la charpente du comble est déjà indépendante et reporte sur les murs de façade les charges de la toiture. L'écartement des chevrons laisse supposer l'emploi, à l'origine de la construction, d'une couverture de chaume. La partie haute du pignon de même que la charpente ont été conservées intégralement, tandis que la partie inférieure a été reprise en sous-oeuvre à une époque où l'on avait le souci de placer quatre fenêtres symétriquement sur ce pan de bois donnant sur la rue. De même, des travaux en sous-oeuvre ont probablement été entrepris sur les façades des deux étages d'habitation.
La datation de la ferme-bloc a été confirmée par la dendrochronologie. Les sondages pratiqués dans la maison de Friesen nous enseignent que le chantier a débuté pendant l'hiver 1497-1498 et a duré jusqu'à l'hiver 1499-1500. "Ainsi a pu être identifiée la plus ancienne maison du Sundgau connue à ce jour"... écrit Marc Grodwohl en 1987. Elle est à l'heure actuelle la maison en pan de bois la plus ancienne datée d'Alsace
La ferme de Friesen est un
bâtiment allongé, de type " ferme-bloc ", à deux
corps d 'habitation séparés par une grange-étable. Il est, à l'heure actuelle et
depuis le début du XIXème siècle, divisé entre deux
propriétés, qui n'en formaient qu'une seule à
l'origine. Ainsi, à partir du début du
XIXème siècle, la maison abritait-elle, sous un toit en
continuité, deux habitations mitoyennes.
La partie ancienne de la maison
(l'actuel 49, rue Principale) fut le théâtre d'événements
dramatiques vers le milieu du siècle dernier.
Vers 1838 un dénommé Jacob Weill y faisait "commerce de mercerie, épicerie
soierie fil toile cotonnade et autres objets". En 1848, à la faveur de la
révolution et de l'abdication de Louis-Philippe, se produisirent
dans le Sundgau des révoltes de paysans contre des familles
juives. A Friesen, alors que Jacob Weil était absent pour
affaires, la maison fit l'objet d'un saccage. Deux habitants furent condamnés en cour
d'Assises. La municipalité, pour n'avoir pas su empêcher cette
émeute, fut lourdement condamnée à la réparation des
dommages.
.../...